
Je suis Elsa Pallier, dite El'Pallier, j'ai commencé le dessin et la peinture très tôt, ce sont mes langages de prédilection. Je travaillais mes vues architecturales que je titrais "La ville vue la tête en l'air, en musique et en apesanteur." Les formes fractales m'inspirent, la géométrie et la couleur me guident dans mes compositions intuitives. Je suis nourrie d'Art moderne, j'ai été très marquée par les Dadaïstes, surréalistes, les fauvistes comme les cubistes, par les démarches des minimalistes comme Victor Vasarely, par l'art cinétique également.
Ce thème s'est imposé à moi car je suis un choc nature et culture personnifié. J'ai été extrêmement marquée par mon enfance passée à Belle-île-en-mer suivie d'un déracinement pour vivre à Paris à l'âge de 10 ans. Le contraste était si fort que mes créations se multipliaient, j'étais choquée de voir tant d'énergie à Paris, tant d'architectures, tant de musiques à découvrir, tant de lumières de jour comme de nuit. Je prenais des photos, les découpais, les dessinais à l'encre de chine et au marqueur, à Belle-île comme à Paris. Je filmais de courtes vidéos que je superposais.
Comparée à la vie à Belle-île, si préservée, animée par les grandes tempêtes sauvages, par les élans puissants de la nature qui nous entoure, la vie urbaine me paraissait étrange, trop envahissante, mon espace vital se trouvait réduit. L'espace urbain est à la fois enveloppant, étouffant, et dynamisant de façon paradoxale.
Mes allers-retours réguliers entre ces deux univers m'ont inspirés énormément d'idées et d'émotions contrastantes. La force douce et violente de cette île a nourrie ma vision de Paris ainsi que mes créations.
Lorsque je me retrouvais en haut des falaises aigues, j'avais la forte conviction que le reste du monde était fou. Il est loin et inoffensif alors le fourmillement cacophonique de la ville. La nature seule est intéressante, dure juste et intense. Une baleine s'échoue à Kérel...
J'ai poursuivi mes recherches picturales sur le thème du Choc Nature et Culture avec des dessins, photographies, sérigraphies, sculptures, installations, vidéos, j'ai créé avec différents médiums et je me suis spécialisée en peinture (à l'École Nationale Supérieure d'Arts de Bourges).
Ma série des Tissages Urbains est la synthèse de ces années d'expérimentations. Comme les araignées tissent leur toile, j'ai tissé mon espace urbain grâce à la peinture. J'ai choisi ma palette, composée de deux bleus et un blanc afin de peindre les lumières de façon impactante. Ce sont mes couleurs primaires. Cela accentue aussi mes effets de tissages ou de pliages. Ainsi mes tableaux gagnent en perspectives et en force lumineuse. Cela montre la puissance de la ligne, du trait, l'essence de toute composition.
Je me suis inspirée des formes impossibles des mathématiciens, des dessins de Eischer, du minimalisme de Nicolas De Staël et des bleus de Jacques Monory. La nature m'a inspirée la force des volumes, la complexité des tissages d'araignées, la puissance des ombres et lumières. J'espère transmettre une énergie qui pousse à agir. Je suis sensible à la vigeur et à l'optimisme.
Je peins à Vannes en Bretagne depuis 2017.
Je m'inscris dans le courant dit "Abstraction Géométrique". Je fais partie du groupe éponyme qui exposait cette année au salon COMPARAISONS 2026 au Grand Palais, à Paris.